A Montcaret, Fausto Urru muni de sa chambre photographique a parcouru les rues et est allé à la rencontre des gens. Il a choisi des paysages, a priori « inintéressants » puisque situés en zones dites « blanches » sur la carte IGN, qu’il met en relation avec des portraits d’habitants donnant ainsi à voir une nouvelle lecture de la commune.
« Je partirai des espaces blancs qui se logent dans les cartes topographiques. Leur éclat sera mon point de départ, et m’attirera comme un aimant aux limites du photographiable. Le dénuement de la matière pourrait-il me conduire à la genèse d’une écriture autre ? Le vide apparent serait-il une matière de la possibilité d’être qui va au-delà des cartographies les plus soignées parce qu’inexprimable en sigles, abréviations, symboles et fonctions ? »
Biographie
Fausto Urru est né en 1983, en Sardaigne ; il vit à La Rochelle.
« Fausto Urru a fait des études en Sciences Politiques à l’Université de Bologna et en Photographie à l’Ecole Supérieure des Arts Visuels « le 75 » à Bruxelles.
Artiste photographe résolument argentique, aimant les projets au long cours, Fausto Urru s’intéresse depuis des années à l’évolution (et à la dévolution, hélas) du paysage de lisière. Adepte de la flânerie à pied, muni d’une chambre photographique 4×5″ chargée de pellicules en noir et blanc, il sillonne les territoires de frontière à la recherche du paysage. Ses séries proposent un questionnement sur la manière dont l’homme habite des espaces, construit un lien avec son environnement quotidien dans des espaces intimes ou fonctionnels.
En outre, il mène une recherche en apparence plus sédentaire, autour du portrait, qu’il interroge sous le signe du « Ritratto », terme qui a presque son équivalent dans le français « portrait ». Mais ce dernier ne possède pas une signification fondamentale qui résonne dans le terme en italien, sa langue maternelle. « Ritratto » est ainsi le participe passé du verbe « ritrarre », « faire revenir en arrière, ramener à soi par un mouvement de retrait ». Sous cet angle, le ritratto devient aussi ce (ou celui) qui se dérobe. »