Mashallah, bienvenue.
Dans les pays du Proche-Orient, les chaises en plastique habitent les cafés, colonisent les trottoirs, se rassemblent sur les plages, se glissent entre les voitures, s’installent sur les toits…
Ce mobilier, fonctionnel et bon marché, participe de manière invisible à modéliser l’espace, les pratiques sociales et les imaginaires. La chaise en plastique appartient au paysage urbain arabe revêtant des fonctions très différentes dans l’espace public. Elle peut garder une place de parking, un immeuble, un magasin. On dit qu’elle déplace le salon en dehors de la maison et brouille ainsi les frontières entre le foyer et la rue. Elle rend possible la rencontre. Elle peut être poste d’observation comme témoin de l’Histoire. C’est un organe vital et pourtant presque invisible des sociétés arabes.
En 2021, Benjamin Bathre, chef adjoint du service international du Monde, écrit un dernier article depuis Beyrouth, qu’il quitte pour retrouver Paris. « L’Eloge de la chaise en plastique blanc au Proche-Orient » sonne comme une déclaration d’amour à cette région du monde qu’il a sillonnée pendant vingt-deux ans et inspire à l’exposition son propos. À travers la célébration de cet objet populaire, nous sommes invités à porter un regard neuf sur les sociétés méditerranéennes. Loin des clichés orientalistes et des seules images de guerre, cette exposition collective réunit des artistes venus du Liban, de Palestine, d’Égypte, de Syrie et d’Irak. Ils nous tendent un miroir d'une rive à l'autre de la Méditerranée. Pour construire cet imaginaire commun, l'exposition participe à la Saison Méditerranée 2026, organisée par l'Institut français.
En vous installant sur la chaise d'un autre, vous êtes conviés à voir le monde à travers ses yeux.
Avec les œuvres de Sameer Al Doumy, Ahmad Al-Rubaye, Sama Beydoun, Denis Dailleux, Ahmed El Shaer, Albaraa Haddad, Fatma Hassona, Marco Longari, Mustafa Mohanna, Karim Sahib, Habib Saleh, Fatima Shbair, Tanya Traboulsi.