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Interview
stage de mai 2015 stage de mai 2015 © Kristof Guez

Pixel oc : se former au doublage en occitan

Laurent Labadie, landais de souche, périgourdin d'adoption, est un artiste aux talents multiples et un amoureux de la langue occitane. Engagé, actif, doué pour tout ce qui relève de l’humain et de l’artistique, il voit sa carrière virevolter entre l’écriture, le théâtre, la musique, l’audiovisuel et depuis peu la transmission. Ce sont ses responsabilités de Directeur artistique au sein de l’association Conta’m - une société de doublage de films en occitan - qui aujourd’hui l’amènent à proposer des formations spécifiques afin de préparer à cette pratique particulière. Après une formation axée sur le jeu théâtral et destinée à des occitanophones, il propose en octobre prochain une formation à l’attention des comédiens professionnels non locuteurs.
Avec verve et spontanéité, il nous parle de cette nouvelle activité dont l’objectif est de faire apprendre l’occitan tout en s’amusant, avec une finalité de professionnalisation

Un constat qui ouvre des perspectives
Dans le sillage de la Bretagne qui a vu émerger une webtélé en langue régionale, l’Aquitaine a tenté la même aventure avec òc télé, une récente chaîne internet en occitan. Cette création a, de fait, engendré un besoin de doublage pour des séries, des fictions, des dessins animés connus du grand public. Oc télé a de fait dynamisé les productions en oc de Conta’m qui diffusait déjà dans les salles de cinéma du sud de la France. Animé par une équipe de professionnels, Conta’m fait régulièrement appel à des comédiens occitans pour la réalisation de ses doublages. "Engagé comme Directeur artistique au sein de Conta’m, j’ai vite fait le constat d’une carence : après avoir sollicité tous les comédiens occitans de la région, le besoin de formation s’est fait sentir. En accord avec les référents politiques et culturels de la Dordogne, j’ai mis en place Pixel Oc, un centre de ressources occitanes qui propose des formations avec un objectif de professionnalisation. L’occitan fait travailler aujourd’hui, c’est nouveau. Auparavant les occitanistes étaient des amateurs éclairés, sans tâche bien définie. Ici, c’est clair : un poste engendre une profession. L’occitan est devenu un moteur économique." 

Un renouveau lié à une politique volontariste
"Ce renouveau du mouvement occitan est à mettre au crédit des Régions Aquitaine et Midi Pyrénées, mais aussi de notre Département : politiques et techniciens se sont unis pour la sauvegarde et la promotion de la langue et de la culture occitane. J’ai rencontré ici en Dordogne, par le biais de Jean Ganiayre et du pôle occitan de l’Agence culturelle, des gens qui croient en mon projet. Ce n’était pas acquis, étant donné l’image d’amuseur et de provocateur qui m’accompagne et qui m’a coûté cher. Aujourd’hui, je ne suis plus tenu de me justifier.
Je fais en quelque sorte partie des rouages et me considère comme un partenaire à part entière des acteurs culturels qui travaillent pour le renouveau de la langue occitane."

Pour qui, pour quoi ?
"Lors d’un récent sondage, il est apparu que de plus en plus de jeunes se mettent à l’occitan. C’est comme si trente ans après la naissance des calandrettes, on en récoltait aujourd’hui le fruit.  Une demande dans l’audiovisuel existe bien. Si l’occitan peut offrir du travail, je n’oublie pas que l’efficacité et la rentabilité ne sont pas les seuls leviers de ce monde. Je mesure tous les jours ce que ça représente de travailler pour le rêve. Notre société est faite de trop de certitudes. Tant pis si l’on crée de la fragilité, si cela suscite du rêve, de la créativité, de l’expression artistique. Canal + nous a fait des retours dithyrambiques sur nos productions. Je veux croire en l’efficacité de ce travail. L’an dernier, sur six stagiaires, cinq ont été professionnalisés. Ce qui m’intéresse, c’est de donner confiance, susciter des vocations. Bien sûr le risque existe. On ne peut pas prétendre former à l’occitan quelqu’un en quelques jours mais on peut créer le désir, être un déclencheur, c’est ce qui prime avant tout."

Apprendre tout en s’amusant
"Dans ces formations, je m’appuie essentiellement sur la pratique. Pour les comédiens non locuteurs, on va partir du français pour aller à l’occitan, comprendre comment une langue fonctionne, faire des jeux d’imitation à partir de documents de la collecte de la mémoire occitane, apprendre des chants. Une langue ce n’est pas qu’un code social, une technique, c’est aussi un environnement. Identifier une langue, c’est identifier un contexte. Il importe d’être poreux à ce qui nous entoure. Le stage, c’est aussi cela. Je compose un canevas et je le renouvelle chaque jour en fonction des personnes présentes. Ce lien, auquel je tiens par dessus tout, relève de la curiosité et de l’intérêt porté à l’autre." 

STAGE
Usage de la langue occitane dans la pratique audiovisuelle
à destination des artistes professionnels non occitanophones
Montrem - Du 23 au 25 octobre 2015
informations / inscriptions : 05 53 03 52 17 (compagnie Lilo)
Important : Cette formation peut-être prise en charge par l'Agence culturelle départementale pour les artistes de la Dordogne (selon critères)
contact Sébastien Girard : 05 53 06 40 00 (Agence culturelle Dordogne-Périgord)

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