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Interview
Ephémères : des sites et des oeuvres

Ephémères : des sites et des oeuvres

Implantée à Monbazillac, l’association Les Rives de l’art s’active pour mettre l’art contemporain à la portée du plus grand nombre. Porté par ce collectif engagé, la biennale d’art contemporain et patrimoine, Ephémères, arrive à sa cinquième édition. Cette année, sept artistes venus d’horizons divers investissent sept sites emblématiques de la moyenne vallée de la Dordogne : Creysse, Monbazillac, Lalinde, Lanquais, Queyssac, Sainte Alvère, Tuilières.
Annie Wolff, commissaire d’Ephémères et fondatrice des Rives de l’art, revient sur ce qui a motivé cette action et nous éclaire sur sa mise en œuvre.

Un beau challenge
Longtemps investie dans le domaine de la diffusion de l’art contemporain, la fondatrice des Rives de l’Art en a fait trop souvent le constat : l’art actuel n’est pas d’un accès évident. Pousser la porte d’une galerie ou d’une salle d’exposition n’est pas une démarche évidente, beaucoup ne se sentent pas concernés. On a pensé qu’en croisant l’art contemporain et le patrimoine, en jouant sur les résonances de l’un avec l’autre et dans la mesure où la vallée de la Dordogne est riche de sites très intéressants, on tenait un beau challenge.
Ainsi est née Ephémères en 2008 avec la création d’un paysage-tableau réalisé par l’artiste Jean-Paul Ganem en collaboration avec des agriculteurs sur le site du cingle de Trémolat. Suite à cette première expérience, l’opération s’est élargie à d’autres sites et à d’autres artistes. Il n’a pas été difficile de trouver dans notre secteur des villages et des sites intéressants, soit des sites très connus « lavés par le regard », soit à l’inverse des sites un peu en retrait, cachés, moins mis en valeur. Dans tous les cas, y installer une œuvre permettait d’attirer le regard du plus grand nombre.

Un travail de persuasion
Dès l’édition 2009, Ephémères met en relation six sites et six artistes. En tant que commissaire de ce parcours artistique, Annie Wolff a sa manière de procéder : Je sollicite les artistes en leur proposant d’intervenir sur un lieu particulier déjà choisi. Ils reçoivent documentation, photos et viennent en repérage. Dans la quasi-totalité des cas, ils acceptent l’invitation avec enthousiasme. Ainsi sans relâche, Annie Wolff sillonne les milieux de l’art pour découvrir de nouvelles œuvres et des artistes potentiels. Il arrive parfois qu’elle repère une œuvre qu’elle souhaite accueillir dans le cadre d’Ephémères, comme c’est le cas cette année avec une œuvre vue à la FIAC de Paris en 2009.
Si les artistes sont vite convaincus, la tâche est plus complexe en ce qui concerne les partenaires et les élus : il faut expliquer et mettre en confiance. Notre réalité d’opérateur culturel en milieu rural est d’établir des contacts, de nouer des relations, de convaincre tout en marquant notre respect. Il faut expliquer l’enjeu, dire en quoi cette action peut modifier l’image du territoire et crée de l’attractivité.

Des résidences en toute convivialité
Une fois artistes, partenaires et élus persuadés, s’impose le temps de la mise en œuvre. La plupart du temps, une résidence est organisée sur chaque site, variant de huit jours à trois semaines. L’hébergement est toujours aisément assuré par les communes, les habitants et les adhérents de l’association. La dernière semaine, les artistes sont rassemblés dans un gîte commun. Les membres de l’association se chargent de la restauration ce qui permet des temps d’échanges et de rencontres dans une ambiance conviviale.

Quand l’éducatif rejoint l’artistique
Pour répondre à la demande du professeur de la section Réalisation - Chaudronnerie industrielle du Lycée des Métiers de Bergerac qui souhaitait faire intervenir un artiste dans le cadre de son enseignement, un projet de coopération est né en 2011. Ainsi une belle collaboration s’est engagée avec des artistes de référence au parcours remarquable Fernando Costa, Marco Dessardo, et cette année Pierre Labat. La rencontre improbable entre un artiste et des apprentis chaudronniers est fertile, si l’on en juge les quelques réalisations déjà produites.

Les enjeux partenariaux d’Ephémères
Mobilisée pour mettre en œuvre ce projet d’envergure, l’équipe des Rives de l’art s’appuie sur un large soutien des collectivités, des institutions et des sponsors privés. Les œuvres d’Ephémères étant placées dans l’espace public, aucun retour financier n’est possible. Sans revenu, l’association doit trouver des partenaires qui soient convaincus de l’intérêt de l’opération. Dès le début, le Conseil départemental de la Dordogne, le Conseil Régional d’Aquitaine nous ont suivi. Cette année, la DRAC Aquitaine s’est joint aux partenaires institutionnels. Une députée locale a également apporté sa contribution via sa réserve parlementaire. Les communautés de communes et les communes ont également mis des moyens importants à notre disposition. Bien sûr, L’Agence culturelle départementale est d’une aide précieuse, autant financièrement que techniquement. Il faut y ajouter le soutien conséquent de quelques sponsors privés.
Evidemment, le financement de l’opération a des retombées sur l’économie locale. Grâce à son image largement médiatisée, la manifestation attire au fil des années un public toujours plus nombreux.

Ephémères, un aboutissement
Ephémères est le travail d’une année pour la centaine d’adhérents que compte l’association qui ne s’en tient pas à cette action. Elle mène en parallèle un programme annuel au Château de Monbazillac avec des expositions, des conférences, des sorties culturelles, des ateliers et des rencontres artistiques. Cette activité régulière nous semble indispensable si l’on veut maintenir l’intérêt et la curiosité entre les éditions d’Ephémères et donner du sens à notre action. Ephémères en est en quelque sorte l’aboutissement. Et lorsqu’on l’interroge sur des perspectives possibles d’Ephémères, Annie Wolff nourrit le rêve de le voir perdurer, éventuellement s’élargir sur le territoire. Mais elle sait que cela requiert d’autres porteurs et d’autres moyens…

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