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Interview
Extrait vidéo, La boucle, vidéo HD et camera obscura, 2015 Extrait vidéo, La boucle, vidéo HD et camera obscura, 2015 © Guillaume Martial

Interview Guillaume Martial

Quelques jours avant son exposition qui démarrera le 5 mai prochain, l'artiste qui vient de terminer sa résidence à l'hôpital Vauclaire à Montpon Ménestérol, nous éclaire sur sa démarche et le sens de sa résidence.

Agence culturelle : Le titre de l'exposition à l'Hôpital Vauclaire est Hôpital Circus, pouvez expliquer ce choix ?

Guillaume Martial : Je fais se rencontrer deux mondes presque diamétralement opposés, l'univers hospitalier et l'univers du cirque. Mais selon moi, ces mondes ne sont pas si éloignés dans l'importance qu'ils accordent à l'expression corporelle, qui est également ma manière de m'exprimer. J'ai donc imaginéun univers totalement fictionnel en mélangeant des éléments liés au monde hospitalier avec des éléments liés à l'univers du cirque. Parallèlement à mes recherches au sein de l'hôpital, j'ai fait la rencontre d'un petit cirque local, le cirque Ullman, cela m'a confirmé la direction que je prenais. Hôpital Circus était là, il fallait juste le découvrir. Et puis être en résidence sur un territoire, c'est s'approprier les lieux, c'est comme monter son chapiteau le temps du spectacle, et repartir comme le fait un cirque itinérant. Ce cirque, c'est un peu moi aussi. On ne sait d'ailleurs pas exactement qui est le personnage mis en scène dans mes travaux. Est-ce un médecin ? Un patient ? Un artiste de cirque ? Ou les trois à la fois...

A.C. : Comment est née l’idée de mettre en image la décomposition des mouvements et d’appliquer des procédés photographiques pratiqués au 19ème siècle?

G.M. : D'une manière générale, je m’intéresse à la relation du corps dans l'espace. Je voulais travailler sur cette relation à travers l'étude du mouvement. Comment s'exprime le corps dans un l'hôpital psychiatrique ? Quel est le rapport à l'espace et donc au monde ? Les différentes expressions corporelles sont autant de manières de concevoir l'espace et notre rapport au monde et à l'autre. Mon travail développé au sein de l'hôpital Vauclaire s'appuie d'abord sur des recherches iconographiques d'imageries médicales. Je me suis intéressé aux travaux d'Albert Londe, Charcot, Etienne Jules-Marey, Muybridge... Ils utilisaient la photographie comme un outil de recherche scientifique. La photographie était un outil capable de décomposer un être en mouvement. C'était donc un document fiable scientifiquement. Or, je m'intéresse aux rapports réel/fiction de la photographie. Pour moi, toute photographie est une fiction jouant constamment avec le réel. Comme un pied de nez à ces outils d'analyse du réel et à la vérité photographique, j'ai fait moi aussi des expériences sur la décomposition du mouvement...J'ai donc mis en scène un médecin fictif dans des numéros scientifiques d'illusions photographiques...C'est aussi le médium photographique que je questionne à travers mes travaux.

A.C. : L'exposition présentera vos œuvres créées en résidence. Pouvez-vous expliquer ce qu'il y a de ressemblant ou de différent entre ce nouveau travail et vos œuvres antérieures ?

G.M. : L'exposition rassemble plusieurs matériaux différents. Il y a de la photographie, de la radiographie médicale, du son, de la vidéo et de l'installation. Jusqu'à maintenant, je m'exprimais plutôt à travers la série photographique. Ici à l'hôpital, j'ai choisi de construire un univers à travers plusieurs formes qui se nourrissent et se répondent. C'est un travail plus intimiste et introspectif que mes travaux précédents. L'architecture est présente mais elle est moins le point de départ narratif. On retrouve toujours la notion de décor à la fois dans les photos et dans l'exposition. Le lieu même de l'exposition, la salle capitulaire, a d'ailleurs été un réel décor de cinéma pour un tournage de film pendant ma résidence...Les décors sont là, le réel se mélange à la fiction, une fois de plus...

A.C. : Cette résidence en Centre Hospitalier dédié à la psychiatrie était une première pour vous. Comment l'avez-vous vécue ? Que vous aura-t-elle apporté ?

G.M. : J'ai appréhendé ma résidence comme une expérience et ladécouverte d'un univers fascinant sur le plan humain. Ce sont je pense les prémisses d'une recherche plus longue que j'aimerais développer sur les mondes autistiques. C'était aussi une mise en danger dans mon travail, une sorte de transition aussi. Il est encore trop tôt pour connaître la suite, alors je laisse le temps faire son chemin.

 

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