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Interview
L'art de la rue s'expose

L'art de la rue s'expose

L'exposition Dédale qui se déroule du 24 janvier au 7 mars, propose un panorama  de pièces réalisées par des artistes du street art depuis les années 70 jusqu'à nos jours. Elle associe des oeuvres proposées par le collectionneur Bob Jeudy à d'autres symboles de la culture urbaines telles que la série des skateboards peints présentée par l'association Sk8room et des ateliers animés par Jérôme Masson de Allboards Family.
Bob Jeudy, venu à Périgueux pour élaborer la scénographie de Dédale nous parle de cet art qui est devenu sa passion.


Agence culturelle
: Vous avez décidé de quitter votre activité professionnelle pour vous consacrer entièrement au street art. Quelle est l’origine de cette passion et quels sont les dispositifs que vous avez mis en place pour promouvoir cette pratique artistique ?

Bob Jeudy : Dans le cadre de la gestion du Centre d’art d’Epinal - j’exerçais alors encore mon activité professionnelle - j’ai été amené à exposer des artistes qui avaient pour habitude de travailler dans la rue. Le fait que l’art descende dans la rue, devienne accessible à tout le monde et permette ainsi au public de découvrir l’art contemporain m’a enthousiasmé. Mes actions sont diverses et toujours orientées vers la reconnaissance du travail des artistes : monter Le Mur et en développer son concept par sa multiplication dans plusieurs villes françaises, faire participer des artistes à des événements par la réalisation de fresques et d’expositions de leurs oeuvres, aider les entreprises à trouver des supports visuels pour leur communication, faire intervenir les artistes dans l’espace public ou privé, organiser des résidences d'artistes pour la préparation d'exposition…

A.C. Comment le street art a-t-il évolué depuis ses premières émergences jusqu’à aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé ?
B.J. : Plusieurs aspects ont changé : nous en sommes à la seconde et voire même à la troisième génération si on considère comme point de départ le travail en France de Gérard Zlotykamien dans les années 60. La dernière génération, celle des années 2000 post-graffiti, a profité de l'évolution des technologies (bombes aérosol) et s'est inscrite dans un processus légal ne voulant pas risquer les poursuites pénales. La réalisation de grandes fresques murales avec l’aide de nacelles pour les municipalités s'est généralisée. Le «compagnonnage» mondial s'est intensifié (l’artiste urbain doit faire ses classes et gagner sa réputation en faisant le tour du monde urbain). L’explosion de la communication internet et des réseaux sociaux ont largement contribué au développement et au rayonnement de cet art.

A.C. : Comment avez-vous conçu cette exposition en tant que co-commissaire et collectionneur. Qu’est-ce qui a présidé au choix des oeuvres présentées ?
B.J. : J’ai souhaité montrer les principaux courants de l’art urbain depuis ses débuts en exposant des oeuvres provenant à la fois de collections privées et d’artistes. Il me semblait important de déterminer des courants que j’ai regroupés en cinq périodes.
Dès les années 60, les français ont été précurseurs. Gérard Zlotykamien à l'aide de deux bombes, une noire une rouge, dénonçait les horreurs d’Hiroshima. Ernest Pignon Ernest, lui,  réalisait de magnifiques dessins qu’il plaçait dans des endroits politiquement sensibles. La seconde vague a démarré dans les années 75 avec les tags de Basquiat, elle s’est développée à New-York, dans le Bronx, sur les murs du métro ou sur la paroi des wagons. En France, dans les années 80, les artistes pratiquaient surtout des œuvres au pochoir, tels Jean Faucheur et Jérôme Mesnager. La deuxième génération française est apparue dans les années 2000, représentant ce qu'on a appelé le post graffiti. A partir de ce moment, les techniques se sont diversifiées, la pratique du street art s'est peu à peu légalisée, les surfaces ont changé de format et l’art de la rue a accédé au statut d’art contemporain. Reconnu, il se propage peu à peu à travers le monde.

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