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Création arts visuels
Inonde
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Rencontre avec Mathilde Caylou

Mathilde Caylou développe une passion pour le verre, le verre soufflé ou moulé, qui est le matériau de base de ses installations. Elle a été retenue dans le cadre des "Résidences de l’Art en Dordogne" pour mener une résidence de recherche au centre hospitalier Vauclaire sur le thème de Traces de Vie, du 22 janvier au 31 mars 2018 et reviendra pour une nouveau séjour en septembre.
Elle présente sa démarche au public lors d'un "instant d'artiste" le 29 janvier à 18h30 dans les locaux de l'association Zap'Art au Centre hospitalier.

Mathilde est une artiste plasticienne, installée en Alsace, qui a fait ses études à l’Ecole supérieure des afin Arts Décoratifs de Strasbourg (HEAR). Avec le verre comme matériau de prédilection - l’une des spécificités artisanales des Vosges - elle crée des sculptures et des installations qui sont autant d’observations et de questionnements sur notre environnement, sa géographie, sa géologie, ses mutations. A travers ses œuvres se lit sa préoccupation sur les dérèglements climatiques.
Les territoires qu’elle traverse fournissent la matière première de ses créations : un séjour dans le Nord de la France lui fait découvrir les terrils – excroissances coniques liées à l’industrie minière-, en Allemagne elle travaille sur la carte IGN de la région où elle se trouve, en Islande, elle s’intéresse aux zones géothermiques qui amorcent son intérêt pour le sol, support universel, placé aujourd’hui au cœur de sa démarche.
C’est à partir d’empreintes sur le sol et d’éléments du monde minéral que l’artiste crée ses formes à base de verre soufflé ou moulé. Son travail interroge la manière dont l’homme façonne et transforme son environnement, notamment l’agriculteur. Ses productions, tout en parlant de la terre et de l’intervention humaine, sont des objets de contemplation qui invitent à un voyage intérieur.
A l’affût de nouveaux territoires à découvrir, Mathilde Caylou a envisagé sa résidence au Centre hospitalier Vauclaire, dédié à la psychiatrie, comme un nouveau terrain d’expérimentation afin de « mettre en danger » sa pratique et entrevoir de nouvelles perspectives possibles à son travail.
« L’artiste est à mon sens une éponge qui digère les signaux et les retranscrit, augmentés de sa subjectivité. » C’est dans cette disponibilité d’esprit qu’elle appréhende son séjour de recherche au sein de l’hôpital Vauclaire à Montpon-Ménestérol.

Séjours en résidence
du 2 janvier au 31 mars
2 semaines en septembre
Restitution de ses recherches 
Octobre 2018

Renseignements
05 53 06 40 04 / Agence culturelle départementale / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
09 67 18 17 01 / Association Zap'Art / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Informations complémentaires : 

INTERVIEW / 25 janvier 2018

A.C. : Formée à l'Ecole supérieure des arts décoratifs de Strasbourg, vous avez commencé à vous intéresser à la technique du verre soufflé pour lui apporter une dimension plastique personnelle. Qu'est-ce qui est à l’origine de cette prédilection pour ce matériau et cette technique ?
M.C. : A l'origine de cette prédilection, il y a une curiosité pour ce matériau qui se travaille chaud, pour la lumière du four, sa chaleur, pour une matière que je ne connaissais pas. Le verre est un matériau complexe, qui se travaille d'une multitude de manières différentes (à froid, à chaud, moulé, soufflé, sablé...). J'ai eu ce pressentiment que le verre allait me tenir en éveil et stimulerait ma curiosité sur le long terme. Il y a beaucoup à explorer tant sur le côté technique que sur le côté symbolique.

A.C. : Au cœur de votre démarche se trouve l'intérêt pour le géologique et le minéral. A quoi peut-on rattacher votre attrait pour le sol et la terre ?
M. C. : J'ai grandi à Paris et suis partie à Strasbourg pour mes études. La vie en province m'a rapprochée de la campagne, des espaces agricoles, du paysage "vert". Ce nouveau cadre de vie m'a sortie du milieu urbain de Paris. Cette proximité avec la campagne était quelque chose de nouveau et m'a fait du bien. De ces observations ont découlé des questionnements sur le paysage. C'est par le sol que j'ai axé mes recherches, pour avoir un point d'ancrage. C'est l'attrait et la curiosité pour un nouvel environnement qui ont stimulé mon imaginaire et ma réflexion.

A.C. : Subtilement, vous honorez l'agriculteur. Pourquoi souhaitez-vous valoriser ce métier en particulier ?
Ce sont les agriculteurs qui ont répondu à mes questions. Je suis allée vers eux car ce sont eux qui façonnent le paysage. Ils m'ont accompagnée dans la construction de mon travail.

A.C. : Vous vous penchez volontiers sur la manière dont l'homme s'empare de la nature et la transforme. Qu'est-ce que cette emprise de l'homme sur la nature vous donne à penser ?
C'est une vaste question... Sans trop rentrer dans des concepts philosophiques ou sociologiques, la nature (le concept de nature) existe de pair avec la culture. Ce sont deux idées, fabriquées par l'homme qui sont pour moi liées et n'existent pas l'une sans l'autre. L'humain se met volontiers du côté de la culture, mais il oublie parfois qu'il fait partie avant tout de la nature. C'est cette appartenance à la nature qui pousse l'humain à modifier son environnement, ce sont ses besoins primaires (se nourrir, s’abriter, se vêtir). C'est l'humain qui a défini la nature comme étant ce qu'elle est. Mais c'est à mon sens une définition ambiguë, à large spectre, qui l'empêche d'être précise. Il y a problème de sens, et donc de concept. Il y a confusion. C'est cette confusion qui a enrichi ma réflexion, m'a fait enquêter sur le terrain (avec les agriculteurs). C'est toute notre relation au monde, notre manière d'exister qui est ici mise en question. Est ce qu'on s'inscrit comme faisant partie du tout, ou est-ce que nous évoluons dans un décor à l'arrière-plan, qui n'a pas d'incidence sur notre vie? C'est pour ça que je préfère parler de paysage, d'environnement. Mon travail s'appuie sur ces idées, plutôt que sur l'idée de Nature qui est trop complexe.

A.C. : Le monde de la psychiatrie n'a à priori rien à voir avec le sol et ses émanations. Qu'est-ce qui vous intéresse dans cette résidence en milieu hospitalier ?
Encore une fois c'est la curiosité pour un milieu inconnu qui m'a fait candidater. S'immerger dans un nouvel environnement est toujours bénéfique à l'imaginaire. Cela stimule la créativité, car de nouvelles questions arrivent. Et quand il y a questionnement, il y a traduction plastique, et émergence de nouvelles pièces !
Cette idée du point de vue et de la perception du monde, du rapport à l'extérieur et à son environnement est au cœur de la psychologie. L'ancrage au sol est différent, mais ce n'est a priori pas si éloigné de ma ligne directrice ! Je déplace juste mon point de vue !

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